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Ciné-Club du LHP-Mercredi 19 décembre 13h40 au Caméo Commanderie

Ciné-Club du LHP-Mercredi 19 décembre 13h40 au Caméo Commanderie

Synopsis: Scott Chavez (Herbert Marshall) tue sa femme qu’il a surprise dans les bras de son amant. Il est condamné et exécuté. Avant de mourir, il conseille à sa fille Pearl (Jennifer Jones) d’aller vivre chez sa cousine, la douce Laura Belle (Lilian Gish). La jeune métisse se rend donc au Texas où elle est recueillie par la famille McCanles, dont le patriarche (Lionel Barrymore) est un richissime éleveur de bétail qui accepte à contrecœur d’accueillir sous son toit la fille d’une Indienne. Impétueuse et d’une redoutable force de caractère, Pearl souhaite pourtant se fondre dans le moule familial et accepte pour cela de se faire conseiller par un pasteur illuminé que l’on surnomme « The Sin Killer » (Walter Huston). Malgré tout, elle attise le désir des deux fils, le cynique Lewt (Gregory Peck) et le sympathique Jesse (Joseph Cotten). Contre l’avis de son père qui souhaite les expulser de ses terres avec pertes et fracas, Jesse se range du côté des constructeurs de chemin de fer

King Vidor 1894-1982

King Vidor est un réalisateur américain, né en février 1894 au Texas, à Galvestone. Ses premiers pas dans le 7ème art se font en tant que vendeur pour le cinéma de sa ville natale, et remplacera occasionnellement le projectionniste. Son premier film, Ouragan sur Galvestone (1913) s’inspire d’un ouragan – à Galvestone – auquel il aura survécu. Par la suite il part pour Hollywood débutant en tant que figurant, accessoiriste, cameraman, scénariste puis metteur en scène. Il assistera à la première projection de Voyage dans la Lune (1902) de Méliès. Il sera également présent au tournage d’Intolérance (1916) de David W. Griffith, une de ses inspirations. Il débute les films muets à partir de 1918, avec, par exemple, The Jack-Knife Man en 1920. Par la suite, il sera remarqué par la MGM et y rentrera en 1923, où il y réalisera plusieurs de ses films cultes. Mais cette association prend fin en 1944 après la sortie de son film Une romance américaine, auquel moins 30 minutes seront ôtées par ses producteurs pour multiplier les séances. En 1920, K. Vidor fonde son studio, Vidor Vaillage, qui disparaît 3 ans plus tard après avoir réalisé une série de films. La Grande parade (1925), plus grand succès du cinéma muet dénonce la guerre, et projette le réalisateur à une réputation de spécialiste des grandes fresques épiques grâce au réalisme des scènes de tranchées, couplées à une histoire d’amour. Dans sa lancée, il produit La Foule (1928) et Mirages (1928), et devient, grâce à ces trois films, un réalisateur très prisé à Hollywood. Ses œuvres son caractérisées par des scènes réalistes et prenantes, un style proche du documentaire, et une certaine indépendance vis-à-vis des studios. La plupart de ses films, engagés, s’articulent autour du combat en faveur des démunis, et cibles des discriminations : son premier film parlant, Hallelujah (1929), sur la vie des Noirs d’Amérique inclut uniquement des acteurs de couleur. Par la suite, il s’essaie au western avec Billy the Kid (1930), La Légion des damnés (1936), ou encore Duel au soleil (1946). King Vidor tente encore un nouveau style, par exemple avec La Garce (1949), un sombre thriller. On lui doit aussi une scène culte du film Le Magicien d’Oz (1939) – faisant partie des réalisateur – où Judy Garland chante Somewhere over the rainbow. Après son dernier film documentaire La Métaphore (1980), il consacre ses 25 dernières années à la peinture, mettant fin à ses 66 longues années en tant qu’éclectique et brillant réalisateur. Il inspirera D. Lean et M. Scorsese. Il meurt en 1982, à 88 ans.

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Duel au soleil, dont le tournage débuta en février 1945, ne fit son apparition sur les écrans américains que le 31 décembre de l’année suivante lors d’une avant-première à Los Angeles. Gageons que les premiers spectateurs à le découvrir en ce réveillon de la Saint Sylvestre ont dû terminer l’année 1946 plutôt estomaqués ! Les westerners, s’ils en étaient restés à l’admirable sensibilité de Jacques Tourneur (Canyon Passage) ou sur le modèle de classicisme que venait de leur offrir John Ford (My Darling Clementine), ont dû se trouver un peu déboussolés, se demander d’où provenait ce souffle passionnel qui s’abattait sur leur genre fétiche ! Sept ans après Autant en emporte le vent, les rêves de grandeur de Selznick avaient encore accouché, sinon d’un chef-d’œuvre comme le précédent, d’un film-monstre absolument fascinant à défaut d’être totalement réussi. « Voyant comment ont toujours été rentables les westerns, je pense que si je pouvais en créer un qui ait plus d’actions spectaculaires que d’habitude dans un western et qui soit en même temps une violente histoire d’amour, ces deux éléments m’apporteraient un grand succès » : le producteur mégalomane David O’ Selznick ne croyait pas si bien dire et, malgré le coût phénoménal de son film, ce dernier rentra largement dans ses frais, Duel au Soleil demeurant encore aujourd’hui l’un des westerns les plus rentables jamais réalisés.
Difficile de ne pas être ébahi par l’utilisation d’un Technicolor saturé (le contre-jour de Gregory Peck et Lionel Barrymore en plan lointain face au soleil couchant semble littéralement flamber), la grandeur des toiles peintes et des décors à commencer par celui du saloon où se déroule la première séquence, la gestion de l’espace, la beauté fulgurante des cadrages (la contre-plongée au-dessus du bal) et des mouvements de caméra (de nombreux et étonnants panoramiques, notamment celui ouvrant le barbecue). Tout a été mis en œuvre pour river les yeux du spectateur à l’écran et, malgré la multitude de cinéastes aux commandes, le résultat s’avère plutôt homogène et, plastiquement, constamment somptueux sans pour autant faire dans la nuance. Dommage que Dimitri Tiomkin n’ait pas composé une musique de la puissance de celle d’un Max Steiner, qui aurait encore augmenté la force et la portée du film. « J’étais parti sur l’idée d’une intrigue poignante. C’est ce que je m’efforçais de réussir. Je cherchais à avoir une bonne interprétation sans exagération ni scènes exacerbées… Mais Selznick a voulu dramatiser les scènes, rendant le tout de plus en plus grand, selon son style habituel » disait King Vidor. Celui-ci ne souhaitait pas en arriver à ce que son œuvre bifurque de la sorte et, excédé par la mainmise de son producteur sur tous les aspects du tournage, il décida de quitter les plateaux en août 1945. Même si les premières incursions de Vidor dans le genre étaient loin de nous faire préfigurer Duel au soleil, il n’en reste pas moins que sa patte se fait sentir presque tout du long même si celle de Selznick est encore plus présente. Leur collaboration confine néanmoins au génie à de nombreuses reprises, et beaucoup de leurs options de mise en scène demeurent encore aujourd’hui hallucinantes de beauté et de culot : une expressivité picturale assez unique dans le genre. Il n’est pourtant pas inutile de répéter que tout est expressément exagéré et que cette surenchère ne pourra pas plaire à tout le monde. Les autres y trouveront probablement un sommet incandescent de lyrisme démesuré. K. Vidor fait de la femme le centre de
toutes les attentions. Elle est l’objet de la pulsion charnelle, et la figure de l’érotisme. Le réalisateur fait d’elle une beauté désarmante semant le trouble auprès de quiconque la rencontrerait et tomberait sous son charme. Le film subit la censure imposée par le code Hays (1930 à 1954), démontrant à plusieurs reprises de façon explicite la sensualité et la tournure violente dont font preuves les personnages.

 

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